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jeudi 16 octobre 2014

Une parenthèse flauberienne : Un coeur simple

                          Il m'aura fallu moins de quarante minutes pour terminer Un cœur simple mais j'ai eu l'impression d'accompagner Félicité toute une vie. Cette nouvelle courte présente en moins de 70 pages l'existence de la domestique Félicité. Pouvoir saisir l'essence de ce qu'est la vie en si peu de pages relève du génie, sinon de la magie. Un cœur simple c'est une peinture de la vie en ce qu'elle a de simple : La vie de Félicité demeure banale, ce n'est qu'une succession d'événements plus ou moins majeurs, comme la plupart d'entre nous expérimentent leur propre existence : entre devoirs et plaisirs, désillusions et espoirs. Mais le texte montre aussi ce que la vie a de complexe et souvent, j'ai été frappée par la fougue de Félicité ou par ses lubies étranges, comme son attachement à son perroquet.
                          La seconde chose qui m'a saisie dans ce court texte, ce sont les descriptions de Flaubert. Les mots « description » et « Flaubert » sont d'une certaine façon associés, on ne pense pas à l'un sans penser à l'autre. Il y a une raison à cela. La beauté ne réside pas seulement en ces descriptions mais aussi à ce qu'elles évoquent, ce qu'elles suggèrent. La magie s'éveille à nouveau dans les mots quand les détails d'une senteur ou d'un goût nous font littéralement sentir les éléments décrits : une fleur, une soupe, des regrets … tout cela créant une atmosphère spécifique, celle que seuls les histoires bien écrites qui parlent de petits villages et d'histoires de famille arrivent à créer pour montrer ce qu'une histoire simple peut avoir de réconfortant.
                        Et puis, il y a le personnage de Félicité. Je l'ai aimée cette femme. Je l'ai aimée elle et j'ai encore plus aimé l'amour qu'elle donnait aux autres, son affection envers les enfants tout particulièrement. En la voyant évoluer et perdre tout ce qu'elle avait,, on a l'impression que tout se perd, que rien ne peut subsister à la fin : les personnages s'en vont les uns après les autres, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que Félicité. Et bientôt, elle-même finit par s'en aller. Que reste-t-il alors ? Rien ?Peut-être les dernières traces d'un existence modeste mais tragiquement belle même si la beauté est vouée à mourir. Même si les moments de grâces dans le rien s'en s'ont allés. Donc oui, la vie d'un cœur simple l'est peut-être tout autant. Mais le mystère de l'âme humaine demeurera. Et il tire le tout vers le grand, vers le sublime.

2 commentaires:

  1. J'ai lu ce petit compte il y a 2/3 ans et j'avoue que je ne m'en souviens pas vraiment, ta chronique me fait donc penser qu'il faudrait que je le relise ! Je le garde en tête.

    Merci pour cet avis très élogieux, ça donne envie :-)

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    1. Merci à toi pour ce sympathique commentaire et oui, c'est un livre que je relirai moi même un de ces jours :D

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