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jeudi 17 août 2017

Becky Albertalli a tout bon pour la deuxième fois





             Il est rare pour moi de suivre un auteur depuis le début, au fil de ses publications. J'ai tendance à ne pas être à jour sur les nouvelles sorties. Je suis toujours au courant de l'actualité littéraire (après tout c'est un des mes hobbies) mais les lire à leur sortie ? C'est une chose nouvelle pour moi. En 2017 pourtant j'ai lu énormément de nouvelles publications, principalement des nouveaux auteurs que j'ai découverts et que je compte suivre attentivement. Ce n'était pas vraiment un choix intentionnel, plutôt une envie soudaine de découvrir de nouvelles voix dans la littérature young adult et de lire plus de diversité. De la diversité, il y en a dans le second roman de Becky Albertalli. Je l'avais découverte en 2015 avec son premier roman YA, le très bon Moi, Simon 16 ans Homo Sapiens qui traitait du coming-out chez les adolescents. C'était une sorte de rom-com que j'avais dévoré d'une traite et que j'avais beaucoup aimé, sans que ça ait été pour autant un coup de coeur. Son deuxième roman sorti deux ans plus tard, The upside of unrequited a dépassé mes espérances et demeure à ce jour mon roman préféré de cette année : Molly, notre heroine, et sa soeur jumelle Cassie ont toujours été inséparables. Leur relation se complique lorsque Cassie tombe amoureuse et voit tout son temps accaparé par son nouveau "crush". Molly, qui n'a jamais osé aborder les multiples garçons pour qui elle a eu des sentiments, voit son monde chamboulé par sa rencontre avec Reid, jeune geek avec qui elle travaille pendant les vacances d'été. 



                         Ce roman traite de plusieurs thèmes chers à mon coeur : Molly est en surpoids et Becky Albertalli réussit à montrer à quel point les complexes entretenus dans la tête d'une adolescente peuvent rendre l'idée d'une relation amoureuse effrayante. Lorsque la seule chose à laquelle on pense est la façon dont son corps occupe l'espace, il est difficile d'être en paix avec soi et encore plus d'accepter de s'ouvrir à l'autre. Le fait que Molly ait des problèmes d'anxiété ajoute encore plus à son malaise quotidien mais Becky Albertalli a réussi à montrer qu'en dépit de ces contrariétés, les bons jours existent et cette note d'espoir distillée tout au long du roman m'a rendu très heureuse. L'auteur a en plus un don pour l'écriture des dialogues, les conversations paraissaient tellement authentiques que la lecture n'en devenait que plus fluide. (une des raisons pour lesquelles la future traduction en VF me fait peur. ) 
                       D'autre part, Becky Albertalli continue à traiter de l'homophobie qui est un sujet visiblement cher à son coeur (une partie de l'intrigue se concentre sur la préparation du mariage des mamans de Molly et Cassie) ainsi que du sexisme sous ses formes les plus ordinaires. Dans le contexte de l'Amérique d'aujourd'hui, je salue la force politique de ce roman young adult. J'ai tellement adoré ce roman qu'il est difficile pour moi d'en parler mais un des aspects que j'ai le plus aimés c'est la manière dont Becky Albertalli a travaillé son personnage principal, ses différentes facettes, ses contradictions ... Dans un marché young adult qui multiplie les stéréotypes, Molly est l'antithèse des clichés du genre, c'est une célébration des paradoxes et non-sens que l'adolescence peut être, de la diversité et de la force de l'amitié. Oui, tout ça en même temps !


Le roman sort en français en septembre.

dimanche 13 août 2017

Un autre roman de vampires pour ados ?







            On se rappelle tous les années Twilight, le nombre fou de "romans de vampire" pour ados qui ont envahi les rayons de nos librairies après le succès de la saga de Stephenie Meyer. Je plaide coupable, j'y ai moi aussi succombé et suis tombée sur plus de romans médiocres que je ne l'aurais voulu. Vous pensez bien qu'un énième roman du même genre ne me tentait pas du tout. Sauf que...  il y a deux ans, j'ai lu le recueil de nouvelles de noel My true love gave to me, recueil dont la qualité des nouvelles était plutôt inégale, seules quelques unes m'ayant réellement marquées. L'une d'elles était celle de Holly Black, auteur que je connaissais seulement de nom. Il m'a fallu seulement quelques pages pour savoir que je voulais lire tout ce que cette femme avait écrit. J'ai donc mis de côté mes réticences et me suis procuré The coldest girl in coldtown, (Coldtown, cité des vampires en français chez Hachette) et me suis lancée dans cette lecture.

 Notre héroïne Tana vit dans une Amérique où les vampires -qui autrefois vivaient parmi les humains sans que ces derniers ne soupçonnent leur existence- sont regroupés dans ce qu'on appelle des "cold towns" c'est à dire des sortes de villes cloisonnées où vivent vampires et humains contaminés. (Un humain mordu ne devient pas automatiquement vampire dans ce roman, il est en premier lieu "contaminé" et peut éliminer l'infection) Un matin, Tana se réveille après s'être endormie dans une baignoire lors d'une soirée bien arrosée et trouve tous ses camarades massacrés. Des vampires sont passés par là et elle est la seule survivante de cette boucherie. Ainsi commence ce roman.


                            Ce qui m'a le plus impressionnée chez Holly Black, c'est son agilité à aller d’un point A à un point B sans se perdre. On sent qu’elle maitrise son récit de bout en bout et qu’elle sait où elle veut nous emmener. Le rythme était parfait : elle prenait le temps de nous présenter les personnages plus longuement quand il le fallait, notamment à travers des flashbacks, et elle venait rompre les moments d’accalmie par des scènes d’action pour ne jamais perdre mon attention. Elle aurait pu faire de ce roman quelque chose de niais, elle en avait le matériel : héroïne tourmentée aux tendances suicidaires ? check. vampire ténébreux encore plus torturé et parlant comme un prince russe du début du XX e ? check. Mais elle ne s’est jamais laissée entrainer dans cette pente (même si le roman ne manque pas de passages romantiques à souhait)
                                     
                         Il y a eu tellement de romans sur les vampires ces dernières années mais Black a réussit à créer une nouvelle mythologie qui m’a absolument convaincue. Les parallèles entre sevrage de sang humain et sevrage de drogue est une image très moderne du vampirisme que j’ai trouvée très intéressante et bien exploitée. Tout ça servi par le style d’Holly Black que j’aime toujours autant. Le roman n'est pas parfait, il aurait pu être plus long (je rêve d'une suite ou d'un préquel, il y a largement matière à cela), il est arrivé que certaines répliques soient niaises ou maladroites ... mais ce sont des soucis mineurs comparés au plaisir que ce livre m'a procuré. 



En résumé, The coldest girl in coldtown a été une lecture sombre, glauque, délicieusement creepy et j'ai hâte de me plonger dans mon prochain Holly Black.