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jeudi 25 mai 2017

the song of achilles x the good soul : "literary fiction" et fanfiction

                    



Aujourd'hui je voulais partager quelques réflexions que je me suis faites à propos de deux récentes lectures.


                             J'ai découvert le monde des fanfictions très jeune, à à peine 10 ans grâce aux "potterfictions". A l'époque, lorsque l'attente entre deux sorties de tomes d'Harry Potter se faisait trop longue, il était follement réconfortant de retrouver les personnages et l'univers que j'aimais tant dans d'autres histoires écrites par d'autres fans. Si les fanfictions ont toujours été une source de divertissement pour moi, il n'y a que très récemment que mon estime pour cette forme de littérature s'est trouvée élevée. La façon dont certains auteurs de fanfiction arrivent à faire de personnages fictifs ou existants les leurs, en s'appropriant leurs histoires d'une façon si personnelle, en jonglant avec éléments connus et/ou inventés pour créer parfois des chefs d'oeuvre ... je ne sais pas comment j'ai pu mettre autant de temps avant de reconnaître l'art en cela. Certaines des plus belles oeuvres de fiction que j'ai pu lire dans ma vie sont des fanfictions, comment alors leur nier leur statut d'oeuvre littéraire ? Certains s'y acharnent cependant. Faut-il donc qu'une oeuvre soit publiée pour qu'elle soit littéraire, aussi bien écrite fût-elle ? Heureusement, il semble que le stigma autour des fanfictions diminue de plus en plus que des lecteurs se rendent compte de l'absurdité de les dénigrer dans leur globalité.
                             
                           En anglais, une oeuvre de fiction contemporaine estimée qualitativement est classée dans la catégorie "literary fiction". On se chamaille encore pour définir exactement ce qu'englobe cette catégorie mais il y a toujours cet aspect qualitatif qui demeure. Il y a quelques semaines, j'étais d'humeur à lire une fanfiction sur la Grèce antique, sans trop savoir exactement ce que je recherchais exactement. Je me suis laissée tenter par une fanfiction intitulée The Good Soul, retraçant une partie de l'adolescence de Patrocle et Achilles, deux des fameux personnages de l'Iliade. Je dois dire que leur relation m'avait toujours fascinée et c'est ainsi que je me suis mise à lire fanfiction après fanfiction, sans grande conviction je dois dire. Je suis tombée sur The Good Soul donc, un peu à reculons je l'avoue, la fanfiction faisant plus de 200 000 mots, c'est à dire plus de 500 pages à peu près. Je me suis dit "bof, lis le premier chapitre on verra bien, tu n'es pas forcée de la finir cette histoire". Quelques minutes plus tard, j'étais scotchée à mon téléphone duquel je m'éloignerait seulement 1 jour et demi plus tard, après avoir achevé le coeur serré cette fanfiction.

                             L'intrigue de The Good Soul débute lors du premier jours de cours de Patrocle. Patrocle est un adolescent fier mais silencieux, effrayé à l’idée d’affronter ses nouveaux camarades de classe qui ont tous entendu parler de l’incident qui s’est déroulé conduisant Patrocle a tuer un autre enfant, le bannissant à jamais de sa ville natale. Patrocle sait donc avant même de pénétrer dans la salle de classe qu’il sera un paria dans cette terre d’exil, terre où règne le roi Pélée, père d’Achille. Dès le début, la relation entre Achille et Patrocle est turbulente. Comme je l’ai dit, si Patrocle est honteux de son statut de paria ainsi que de son passé criminel, il est néanmoins fier de nature et n’accepte pas de se plier aux exigences d’Achille, qui en tant que demi-dieu et fils de roi, est courtisé et admiré de tous, ce que Patrocle méprise. Mais il ne va pas falloir beaucoup de temps avant que les deux deviennent inséparable.
                             
                              Ce qui est intéressant dans The Good Soul, c’est que la grande majorité des oeuvres de fiction qui s’intéressent au personnage d’Achille se concentrent surtout sur la guerre de Troie pour des raisons évidentes. Or, cette fiction s’achève juste avant la guerre de Troie. C’est une espèce de chronique de l’adolescence de Patrocle et Achille, comme une collection de récits épisodique de leurs aventures au chateau de Pélée. Cela ne nous épargne pas cependant des scènes de batailles déchirantes et remplies d’action qui viennent rompre le quotidien des adolescents, quotidien que l’auteur a su rendre passionnant. La chaleur de Phtie, le parfums de fleurs, les rires des adolescents lors des diners, les commérages des servantes … pendant ma lecture j’ai été complètement transportée dans cet univers antique si lointain mais que l’auteur a su retranscrire à merveille, mettant mes sens en éveil. 


                            A côté de cela, The Song of Achilles de Madeline Miller,  roman sur le même thème, s’étend sur la guerre de Troie qui prend une place importante dans le roman. L’enfance et l’adolescence de Patrocle et Achille sont évoqués assez longuement mais l’horreur de la guerre dans la seconde partie du roman vient contrebalancer de manière assez cruelle la candeur et la tendresse de la première partie du livre. J’ai adoré ce roman mais avec du recul, je ne sais pas si je l’ai autant aimé parce que ces personnages et leur destinée me passionne. Ce que j’ai aimé dans The Good Soul, c’est que Achille était montré de manière réaliste : splendide mais terrible, cruel, inquiétant… alors que dans le roman de Miller, on a le point de vue de Patrocle qui, idolâtrant Achille, nous peint un portrait magnifié d’Achille. C’était beau de voir ce personnage si important dans la mythologie à travers les yeux de Patrocle, simple humain. Et si cette vision évolue au fil des chapitres, j’aurais cependant aimé que l’auteur s’intéresse aussi à cet aspect terrible du personnage d’Achille or, Patrocle met beaucoup trop de temps avant de poser un regard lucide sur Achille. Quand cela est enfin arrivé, c’était beaucoup trop tard pour que je sois complètement convaincue. En outre, je ne suis pas totalement satisfaite par le style d’écriture de l’auteur ainsi que par le rythme du récit que j’ai trouvé assez curieux. (j’ai lu les cent premières pages en français puis la suite en anglais, ce qui peut expliquer que je n’ai pas pu me laisser emporter complètement par l’écriture et par le rythme) Cela n’empêche que j’ai passé un excellent moment de lecture avec le roman de Miller mais mon biais en faveur de ces personnages et de cette histoire fascinante peut expliquer cela. Une re-lecture future me permettra de confirmer ou infirmer cela.


  Pour revenir à ce que disais plus haut par rapport au statut de la fanfiction, dans ce cas-ci j’ai préféré lire The Good Soul que j’ai trouvée plus maîtrisée que The Song of Achilles. Elle respecte certes les codes de la fanfiction (surenchère du drame, style pas toujours homogène, hyper-sexualisation des personnages…) mais montre qu’enfermer la fanfiction à de la lecture pour fangirls hystériques est non seulement insultant mais fait indubitablement passer à côté de véritables perles. 






1 commentaire:

  1. excelente analyse ,je n'aime pas beaucoup la mythologie,
    mais -a traves ta synthese -ça me donne l'envie de lire ce livre
    continue a publier
    merci

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